Dabord toi, tu as 16, 17 piges et objectivement t'es plutôt désespérée, tes meilleures amies viennent de tomber amoureuse et tu te dis que soyons honnête ça t'arrivera jamais. T'as bien eu des histoires, et tu roules des pelles depuis tes 13, 14 ans, mais ça rime à rien, ces gars ne te plaisent pas et au bout cinq minutes tu peux plus les voir en peinture.
Tu te dis que tu trouveras jamais, que tu seras vierge jusqu'à tes vingt ans (au moins) que de toutes façons tu n'envisages pas ce genre de choses avec un gars.
Donc t'essayes (mais t'y arrives pas hein!) de te faire une raison l'amour au masculin c'est pas pour toi.
T'as plus qu'à te faire lesbienne ou si vraiment ça foire, zoophile (sauf que t'as beau mater tes copines censées être des supers bombasses ça te fait rien, mais alors rien limite tu t'endors et c'est encore pire quand tu regardes le documentaire sur la reproduction des gorilles).
T'en viens à envier les filles qui souffrent comme des malades après une longue histoire qui a mal fini mais qui a eu lieu.
Malheureuse!
Et puis au moment ou t'avais enfin fini à te résigner pour de bon, tu rencontres ce type.
Soyons honnête, au début t'es carrément déçue parceque bon, pas terrible terrible le garçon.
Une tête de folie à faire palir de terreur un dermato, un petit nez de cochon, des cheveux n'en parlons même pas et que sais je encore? Ca dure trois secondes parceque à la quatrième il a ouvert la bouche et là... à la cinquième t'es par terre, t'en peux plus, il est trop fendart.
D'ailleurs après tu le trouve plus trop laid, tu trouve que ses deux petits yeux minis minis sont très intéressants et tu te prend à rêvasser parceque vraiment ce gars il était génial.
Ca ne fait qu'empirer parceque évidemment tu le revois et là, étrange phénomène inexplicable, vous n'arrêter pas de vous chauffer, vous vous charriez, vous vous battez (et en profiter pour vous coller et pour vous foutre l'un sur l'autre, genre prise de judo sauf que c'est d'un gars qui lance des oeillades assassines et d'une fille rouge comme une madeleine qui rit bêtement dont il s'agit) vous vous courrez derrière, et il te glisse à l'oreille des trucs un peu alternatif...
Et là t'es foutue, vraiment foutue.
D'abord tu ris bêtement toute seule toute la journée, tu te refais toutes les conneries qu'il a dise et tu trouve ça génial.
Ensuite be tu mange plus, t'as plus faim, puis tu dors plus non plus, tu dors plus mais tu pète le feu.
Tu trouves que sa tête est follement exotique, son espèce de nez est carrrément trop mignon et lui donne un air trop sexy (oui je sais ...)
Et puis un soir le premier baiser, et pour la première fois t'as l'impression que ça rime à quelque chose. t'es trop contente et t'as hate de le revoir, même si tu peux pas encore y croire et que tu penses que ce sera comme d'habitude et que ce sera toi qui casseras au bout de trois jours car tu vas flipper.
Et puis ça dure, d'abord une semaine, puis deux, puis un mois, alors toi t'es une trouillarde, régulièrement tu lui fais des crises tu penses vouloir casser, mais tu restes quand même.
T'imagines pas la vie sans lui même si des fois la vie avec lui est pas joyce joyce.
Le premier mois , les premiers vrais câlins "chauds", la découverte hein parceque à ce niveau la t'étais pas câlée câlée.
La première fois tranquillement un après midi chez toi quand personne ne va vous surprendre, et puis toutes les autres parceque voila, ben autant avec les autres tu ne t'imaginais même pas une seconde, autant avec lui tout deviens si simple et si naturel.
Tu prend plaisir et tu te sens concerné quand t'entend parler de couple et d'amour. Il t'aime, et au fond tu sais très bien que c'est récirpoque.
T'as bien des périodes de doutes et tu veux régulièrement casser mais tu restes car tu sais que la vie sans lui ben, c'est pas que c'est nul à chier, c'est que c'est inutile, il n'y a plus rien d'intéressant.
Et puis un jour, alors que tu étais persuadée que tu partirai la première et bien il devient disant, il te reproche des tas de choses, alors toi brave conne tu te dis que "l'amour triomphe toujours" encore faut il qu'il y ai de l'amour, parceque en ce qui le concerne il y en a plus.
Alors pour casser il est très gentil (non je rigole) et tu t'en prend plein la gueule et puis t'as plus de nouvelles, de toutes façons des nouvelles t'en veux pas, pour savoir quoi? que toutes les filles le trouve tros sexy et que il a qu'à se pencher pour en avoir une? tu le savais déjà tu t'es aussi fait avoir.
Tu te rappelle quand tu voulais casser ce que tu te disais, que sans lui la vie n'avait pas tellement d'intérêt et tu réalises qu'en effet elle n'en a plus aucun, il te manque quelque chose, et tu morfles, parceque lui il va très bien, tu voudrais qu'il n'existe plus, malheureusement il y a toujours quelqu'un pour l'avoir croisé. Tu as l'impression que toute votre histoire n'a été qu'un rêve et t'es toute seule comme une vieille déchue à pas trop savoir quoi faire de ta carcasse.
Tu sais qu'en théorie on ne meurt pas de ce genre de choses mais en pratique t'en ai moins sûre.
Puis petit à petit ça va mieux, tu continues à l'aimer, mais tu penses à d'autres choses, et tu as envie de l'oublier, de passer à autre chose, tu commences à entrevoir la chose comme une très bonne expérience et à relativiser et dès que tu as un petit peu cicatrisé, toi grosse maso tout ce que tu veux c'est que ça recommence.
Droguée à l'amour.
Beaucoup de gens se reconnaitrons la dedans